Sonnet de Sainte Thérèse à Jésus crucifié

Ce qui m’excite à t’aimer, ô mon Dieu,

Ce n’est pas l’heureux ciel que mon espoir devance,

Ce qui m’excite à t’épargner l’offense,

Ce n’est pas l’enfer sombre et l’horreur de son feu !
C’est toi, mon Dieu, toi par ton libre vœu

Cloué sur cette croix où t’atteint l’insolence ;

C’est ton saint corps sous l’épine et la lance,

Où tous les aiguillons de la mort sont en jeu.
Voilà ce qui m’éprend, et d’amour si suprême,

Ô mon Dieu, que, sans ciel même, je t’aimerais ;

Que, même sans enfer, encor je te craindrais !
Tu n’as rien à donner, mon Dieu, pour que je t’aime ;

Car, si profond que soit mon espoir, en l’ôtant,

Mon amour irait seul, et t’aimerait autant !

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Sonnet de Sainte Thérèse à Jésus crucifié
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