Mnaïs

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Bergers, vous dont ici la chèvre vagabonde,

La brebis se traînant sous sa laine féconde,

Au front de la colline accompagnent les pas,

A la jeune Mnaïs rendez, rendez, hélas !

Par Cybèle et Cérès et sa fille adorée,

Une grâce légère, une grâce sacrée.

Naguère auprès de vous elle avait son berceau,

Et sa vingtième année a trouvé le tombeau.

Que vos agneaux au moins viennent près de ma cendre

Me bêler les accents de leur voix douce et tendre,

Et paître au pied d’un roc où, d’un son enchanteur,

La flûte parlera sous les doigts du pasteur.

Qu’au retour du printemps, dépouillant la prairie,

Des dons du villageois ma tombe soit fleurie ;

Puis, d’une brebis mère et docile à sa main,

En un vase d’argile il pressera le sein ;

Et sera chaque jour d’un lait pur arrosée

La pierre en ce tombeau sur mes mânes posée.

Morts et vivants, il est encor pour nous unir

Un commerce d’amour et de doux souvenir.

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