Pascal

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Tu voyais sous tes pas un gouffre se creuser
Qu’élargissaient sans fin le doute et l’ironie. . .
Et, penché sur cette ombre, en ta longue insomnie,
Tu sentais un frisson mortel te traverser.

À l’abîme vorace, alors, sans balancer,
Tu jetas ton grand cœur brisé, ta chair punie,
Tu jetas ta raison, ta gloire et ton génie,
Et la douceur de vivre et l’orgueil de penser.

Ayant de tes débris comblé le précipice,
Ivre de ton sublime et sanglant sacrifice,
Tu plantas une croix sur ce vaste tombeau.

Mais, sous l’entassement des ruines vivantes,
L’abîme se rouvrait, et, prise d’épouvantes,
La croix du Rédempteur tremblait comme un roseau.

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