La Nuit D’août

Les perséides vont revenir dans la fraîcheur des soirées.
Pour les attendre, les filles au premier rang et les hommes derrière. Ah, les senteurs de vin fort qu'ils leur exhalent dans la nuque quand ils murmurent ces choses cruelles sur le ciel :

« Le bleu n'existe pas plus que vos anges, c'est seulement la profondeur de l'air. »
Et quand on verrait entre les ifs du cimetière les douaniers des Enfers remuer leurs galons, enjoignant aux mortes de laisser là leurs bijoux, certains diraient encore que ces lueurs

c'est la pourriture des corps.
À une enfant qui tousse sa mère ordonne de se couvrir plus proprement : sous la poitrine à peine née les poumons s'extasient de respirer la nuit du chèvrefeuille.
D'un coup il se met à pleuvoir des étoiles ; tout le monde se trouve si près du ciel qu'on en perçoit l'odeur de salpêtre et de fer aiguisé. Mais les filles

maintenant, la beauté de leur cœur ébloui par le grand projet d'enfanter le fils du Tonnant.

Dominique Pagnier

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La Nuit D’août
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