Coiffer le Plat

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Rien
Ni l'absence couleur de rouille
Lumineuse l'été
Haute mer bleue l'hiver
Rêvée à tâtons la nuit pareille à des jetons d'amiante
Aux pôles d'un éventail fumeux
Aux carrefours d'une cité lacustre
Sur pilotis de corne
Au train qui déraille tard le soir dans les marais salants
Au littoral sous l'avalanche
Rien
Ni l'ombre menaçante qui me suit
Ni le silence panoramas de sable
Ni les poignards de pierre de la soif
Ni les tigres rugissant le sang
Ni les lions éventrés ni les aveugles sodomites
Ni les bornes arrachées couchées dans la mousse
Ni la maison hantée jadis
Ni les églises désaffectées
Ni les cadavres marchant en plein soleil
Ni cette guerre de cent ans
Aux bordels remplis de lianes et de papier mâché
Tandis qu'on jette sur la nuit de grands seaux d'eau
Rien te dis-je
Ni hier ni plus tard
Quand tu gravissais mon corps jusqu'à ma tête
En triturant les os d'ultimes batailles
Aux crépuscules de nouveaux matins
Apprivoisés
À boitiller de l'aile gauche
Celle du cœur
Roulée aux vagues d'un songe immortel de madrépore
D'épongé glaciale sur la face
D'ivresse d'orfraie d'orphelin néfaste
De nigromant d'abus de pouvoir
D'illogisme de charbon blanchi
De fuite éperdue dans l'orage
À crier gare
À demander grâce
Mais rien...
Même l'oubli
Claquemuré meurtri
Entre les dents
Pour toujours de ton absence
Ô cimérien plafond

César Moro

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