Aïcha

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Un bouquet d’arômes de sirops et d’épices
Envolés sur le nuage de l’usure
Des mâchoires fatiguées lasses
De mordre à l’ordre des jours
Pourtant belles sont encore les senteurs
Une confiture qui s’échappe de la mémoire
La mère accroupie dans la cuisine
L’orange forte dans une main
La râpe dans l’autre dans un combat à deux
Tandis que le sucre comme une vierge farouche
Se débat et se donne en mille replis secrets
Dans le chaudron à malice
C’est ainsi que la mère traçait les frontières
Des saisons d’un fruit à l’autre
Quand le marché s’ouvrait enfin aux humbles
Coings abricots poires oranges amères
Et parfois même la tomate venait à la rescousse
Pour boucler le trimestre
Le citron prenait sa revanche et trônait
En bourreau de circonstance
Imposant ses greffes vicieuses
Et sa bave fils prodigue impénitent
Prêt à toutes les compromissions
Et à tous les plaisirs fruités
Ah il m’en souvient de Aïcha
Et de ses miracles domestiques
Sur Cugnaux traînent derrière les belugas
Des parfums de confitures d’outre mémoire.

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