Fleurs de Séléné

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Elles ont des cheveux pâles comme la lune,

Et leurs yeux sans amour s’ouvrent pâles et bleus,

Leurs yeux que la couleur de l’aurore importune.

Elles ont des regards pâles comme la lune,

Qui semblent refléter les astres nébuleux.

Leurs paupières d’argent, qu’un baiser importune,

Recèlent des rayons langoureusement bleus.
Elles viennent charmer leur âme solitaire

De l’ensorcellement des sombres chastetés,

De l’haleine des cieux, des souffles de la terre.

Nul parfum n’a troublé leur âme solitaire.

L’ivoire des hivers, la pourpre de l’été

Ne les effleurent point des reflets de la terre :

Elles gardent l’amour des sombres chastetés.
Leur robe a la lourdeur du linceul qu’on déploie,

Grise sous le regard nocturne des hiboux,

Et leur sourire éteint la caresse et la joie.

Leur robe a la lourdeur du linceul qu’on déploie.

Elles penchent leurs fronts et leurs gestes sont doux

Vers les agonisants du songe et de la joie

Qui râlent sous les yeux nocturnes des hiboux.
Elles aiment la mort et la blancheur des larmes…

Ces vierges d’azur sont les fleurs de Séléné.

Possédant le secret des philtres et des charmes,

Elles aiment la mort et la lenteur des larmes,

Et la fleur vénéneuse au calice fané.

Leurs mains ont distillé les philtres et les charmes,

Et leurs yeux pâles sont les fleurs de Séléné.

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