L’heure verte

Comme bercée en un hamac

La pensée oscille et tournoie,

A cette heure où tout estomac

Dans un flot d’absinthe se noie.
Et l’absinthe pénètre l’air,

Car cette heure est toute émeraude.

L’appétit aiguise le flair

De plus d’un nez rose qui rôde.
Promenant le regard savant

De ses grands yeux d’aigues-marines,

Circé cherche d’où vient le vent

Qui lui caresse les narines.
Et, vers des dîners inconnus,

Elle court à travers l’opale

De la brume du soir. Vénus

S’allume dans le ciel vert-pâle.

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L’heure verte
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