A Auguste Préault
O Thessalie, il est dans tes monts pittoresques

De noirs vallons, jonchés de laves et de rocs,

Que l’éclair et la foudre en ses terribles chocs

A peints de pourpre et d’or, comme de grandes fresques.
Là, tordue et brisée en cent poses grotesques

Et laissant la tempête éparpiller ses blocs,

La Terre, que jamais ne déchirent les socs,

Succomba sous l’effort des Titans gigantesques.
Un granit, que jamais l’ouragan n’a ployé,

Étale seul ses flancs et son front foudroyé

Et mesure les cieux de son œil de colosse.
O statuaire ! ainsi l’artiste à l’œil de feu,

Les pieds sur le volcan et sur sa gueule atroce,

D’un regard assuré plonge dans le ciel bleu.
Octobre 1847.

Évaluations et critiques :

La Thessalie
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