Vivons, Gordes, vivons, vivons, et pour le bruit

Vivons, Gordes, vivons, vivons, et pour le bruit

Des vieillards ne laissons à faire bonne chère :

Vivons, puisque la vie est si courte et si chère,

Et que même les rois n’en ont que l’usufruit.
Le jour s’éteint au soir, et au matin reluit,

Et les saisons refont leur course coutumière :

Mais quand l’homme a perdu cette douce lumière,

La mort lui fait dormir une éternelle nuit,
Donc imiterons-nous le vivre d’une bête ?

Non, mais devers le ciel levant toujours la tête,

Goûterons quelquefois la douceur du plaisir,
Celui vraiment est fol, qui changeant l’assurance

Du bien qui est présent en douteuse espérance,

Veut toujours contredire à son propre désir.

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Vivons, Gordes, vivons, vivons, et pour le bruit
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