Le mystère des trois cors

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Un cor dans la plaine

Souffle à perdre haleine,

Un autre, du fond des bois,

Lui répond;

L’un chante ton-taine

Aux forêts prochaines,

Et l’autre ton-ton

Aux échos des monts.
Celui de la plaine

Sent gonfler ses veines,

Ses veines du front;

Celui du bocage,

En vérité, ménage

Ses jolis poumons.
- Où donc tu te caches,

Mon beau cor de chasse?

Que tu es méchant!
-Je cherche ma belle,

Là-bas, qui m’appelle

Pour voir le Soleil couchant.
- Taïaut! Taïaut! Je t’aime!

Hallali! Roncevaux!
- Etre aimé est bien doux;

Mais, le Soleil qui se meurt, avant tout!
Le Soleil dépose sa pontificale étole,

Lâche les écluses du Grand-Collecteur

En mille Pactoles

Que les plus artistes

De nos liquoristes

Attisent de cent fioles de vitriol oriental !…

Le sanglant étang, aussitôt s’étend, aussitôt s’étale,

Noyant les cavales du quadrige

Qui se cabre, et qui patauge, et puis se fige

Dans ces déluges de bengale et d’alcool!…
Mais les durs sables et les cendres de l’horizon

Ont vite bu tout cet étalage des poisons.
Ton-ton ton-taine, les gloires !….
Et les cors consternés

Se retrouvent nez à nez;

Ils sont trois; .

Le vent se lève, il commence à faire froid.
Ton-ton ton-taine, les gloires!…
- « Bras-dessus, bras-dessous,

« Avant de rentrer chacun chez nous,

« Si nous allions boire

« Un coup ? »
Pauvres cors! pauvres cors!

Comme ils dirent cela avec un rire amer!

(Je les entends encor).
Le lendemain, l’hôtesse du Grand-Saint-Hubert

Les trouva tous trois morts.
On fut quérir les autorités

De la localité,
Qui dressèrent procès-verbal

De ce mystère très-immoral.

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CITATIONS ET EXTRAITS

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