À propos d’un saint homme et d’un saint journal

C’est un cuistre dévot au regard torve et louche,

Qui, dans un lourd pamphlet d’où suinte le dégoût,

Pond quatre fois par mois un immonde ragoût

D’articles papelards qu’aurait signés Cartouche.
Vil grimaud sans talent, sans vergogne et sans goût,

Le lâche empoisonneur salit tout ce qu’il touche ;

Son torse est engorgé de venin, et sa bouche

Éructe un vent de peste en des hoquets d’égouts.
Ce pieux pénitent qui dans l’ombre festine,

D’une semaine à l’autre, au fond de sa sentine,

Diffame et calomnie à plume que veux-tu ;
Prose de sacristie avec du fiel écrite…

— Et comment nomme-t-on cette feuille hypocrite ?

— Le nom du saint journal ? parbleu, c’est La Vertu !

(1902)

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