L’Enfant Prodigue

I
Chez celles dont l'amour est une orange sèche

Qui garde un vieux parfum sans le nectar vermeil,

J'ai cherché l'Infini qui fait que l'homme pèche,

Et n'ai trouvé qu'un

Gouffre ennemi du sommeil.

L'Infini ; rêve fier qui berce dans sa houle

Les arbres et les cœurs ainsi qu'un sable fin !

Un

Gouffre, hérissé d'âpres ronces, où roule

Un fétide torrent de fard mêlé de vin !
II
O la mystique, ô la sanglante, l'amoureuse,

Folle d'odeurs de cierge et d'encens, qui ne sus

Quel

Démon te tordait le soir où, douloureuse,

Tu léchas un tableau du

Saint-Cœur de

Jésus.
Tes genoux qu'ont durcis les oraisons rêveuses,

Je les baise, et tes pieds qui calmeraient la mer.

Je veux plonger ma tête en tes cuisses nerveuses

Et pleurer mon eneur sous ton cilice amer :
Là, ma sainte, enivré de parfums extatiques,

Dans l'oubli du noir

Gouffre et de l'Infini cher,

Après avoir chanté tout bas de longs cantiques

J'endormirai mon mal sur votre fraîche chair.

Stéphane Mallarmé
Enfance

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L’Enfant Prodigue
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