Troisième Proue

Roi semé s'il aime hué à vie à terreur roulant

Bu à satiété sous le déluge absent Ô clarté
Echelle des yeux aux yeux
Haut bois à même le dallage chaleur de neige noire

Couleur de froid à feux de marée

Graine houleuse à mollusques ces jambes la montagne à souhaits
Plus divine si coupe à néant y crépitent les méandres et les ménades
Eclaire minuit en ruines mainte dentelle sous mer
En éclat nanties tel le globe irisé prêt à fondre
Sur tes narines d'obsidienne
Diamant taillé en rose qui tourne
Rose d'améthyste barrissant
À la nuit en bronze
Forant les puits scolopendre de jeunesse
Ce col offense ? il déjoue le droit d'aînesse
L'heur de pierre feindre le fer à tondre
Les bagues à chevaux évanouis
Les eaux en chevreuil qui broutent le royaume déchu pour quel dialogue rituel
L'oiseau à miroir ardent gageure de haute couronne
Etoile mon château en apanage

Gradué brille à bouillir

Plus que de gaîté non à effacer

Mais à vouloir paraître attirée

Au gouffre fidèle
Éloigne-toi naseau de feu
Enjeu lointain de ma prairie
Tain solaire de telle glace
En tel cuivre bondé d'ivresse
Valet des étuves de la royauté
Halète varlet arpente la digue d'anémones
Carnassier de choix en tête des voyelles
La clairière aboutit à la voie hilare
L'air classé aboie tyran à l'aile
Si pour broyé avons royal ou trône à pied de tonnerre
L'acier décroît tenté aux voiries régulières
Affairé au tri des pièges —

Si la neige était à cheval —

Si le cheval chavirait en jonc

L'été hagard bat la foulée

Tapi au bout de la rencontre

Jetée de pierre sur le vide

Pont aux crustacés que l'agitation

Des vantaux subjugue

Jusqu'à abolir les éphémérides

Aux octrois de successifs mois

En massifs en treille de pavots
Pourquoi ce froid accueil des arches
Ce sommeil des sommets ces mets mielleux de songe
Ce gazon qui vire en nuage fleurissant les pierres
anciennes

Le gué la baie vers la folie ?

O lit ailé au pied marin

Lisse les perles l'écume des crêtes
Ce jour empreint de brise noire moiteur du néant
Rétiaire hanté tueur boiteux
Têtu l'hiver c'était l'été
S'attelait-il
L'embrun la brume doraient l'île
D'ores et déjà en fumée teinte
Aider voulant l'envol de forces velues en palmier
Vouées à la nudité marmoréenne de midi
Septembre 1950

César Moro

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Troisième Proue
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