La Poésie sans Voix

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Je suis coupé en deux sans qu'on le voie

Derrière les grilles la réunion mondaine et l'arrogant triomphe des champions du scalpel

Coupé en deux de mon vivant

Tel un buste dans le couloir du
Grand
Hôtel

Mon cri

est ce filet de sang

qui exhale de ma gorge

Au sortir de la
Cappella
San
Aquilino elle m'affirme détester l'écriture du moi

«Tu fais de la poésie, toi ?»

Dans la fureur

Je m en vais

seul

par les rues

sous un prétexte très personnel

Je quitte
Milan

par la gare

fort monumentale

Je songe au
Palazzo désert

Les voitures ont emporté les malles

Le lac fait aujourd'hui le deuil du fleuve

Pourquoi me donna-t-elle sa bouche à l'embouchure secrète où le fleuve s'engouffre ?

L'assaillir

c'était franchir la frontière

où tout s'éclaire

dans l'élan lisse

des conjonctions impromptues

Sel mêlé

de salives très intimes ses lèvres brillaient sous le ciel endormi

Corps leste où appuyer le plomb de l'âge dilué en espace

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