Si j’avais, sous ma mantille

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Si j’avais, sous ma mantille,

Cet œil gris de lin,

Et cette svelte cheville

Dans mon svelte brodequin ;
Si j’avais ta morbidesse,

Tes cheveux dorés,

Retombant en double tresse

Jusque sur mes reins cambrés !
Si j’avais, ô ma pensée,

Dans mon corset blanc,

Ta blonde épaule irisée

D’un duvet étincelant !
…………………………….

…………………………….

…………………………….

…………………………….
Enfin si je semblais faite

Pour donner la loi,

Je serais une coquette

Plus coquette encor que toi !
Je voudrais être une reine

Fière comme un paon,

Dont on aurait grande peine

A baiser le bout du gant.
Je ne serais pas de celles,

Froides à moitié,

Qui, d’abord, font les cruelles,

Et puis après ont pitié.
Je serais une tigresse,

Rebelle aux amours,

Cachant la griffe traîtresse

Dans ma patte de velours !
Je ferais souffrir aux âmes

Mille bons tourments,

Et je vengerais les femmes

De tous leurs fripons d’amants ;
Et sans l’éventail qui cache

Deux beaux yeux moqueurs,

Je rirais, sur leur moustache,

De leur flamme et de leurs pleurs ;
Et je passerais ma vie

A les désoler,

Et je serais si jolie

Qu’il leur faudrait bien m’aimer !
Et puis, si d’aimer l’envie

Un jour me prenait,

Je n’aurais de fantaisie

Que pour celui qui dirait :
« Si comme toi j’étais faite

Pour donner la loi,

Je serais une coquette,

Plus coquette encor que toi ! »
Aime-moi donc, ma Paulette,

O mon blond trésor !

Aimer un fat ? toi, coquette !

Ce sera t’aimer encor !

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