C’est la bonne heure où la lampe s’allume

C’est la bonne heure où la lampe s’allume :

Tout est si calme et consolant, ce soir,

Et le silence est tel, que l’on entendrait choir

Des plumes.
C’est la bonne heure où, doucement,

S’en vient la bien-aimée,

Comme la brise ou la fumée,

Tout doucement, tout lentement.
Elle ne dit rien d’abord – et je l’écoute ;

Et son âme, que j’entends toute,

Je la surprends luire et jaillir

Et je la baise sur ses yeux.
C’est la bonne heure où la lampe s’allume,

Où les aveux

De s’être aimés le jour durant,

Du fond du coeur profond mais transparent,

S’exhument.
Et l’on se dit les simples choses :

Le fruit qu’on a cueilli dans le jardin ;

La fleur qui s’est ouverte,

D’entre les mousses vertes ;

Et la pensée éclose en des émois soudains,

Au souvenir d’un mot de tendresse fanée

Surpris au fond d’un vieux tiroir,

Sur un billet de l’autre année.

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C’est la bonne heure où la lampe s’allume
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