Épithalame

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À Edmond L.
Edmond, te souvient-il de nos jeunes années,

De ce temps encor proche et qui semble lointain,

Où tous deux nous tenions nos têtes inclinées.

Sur ces livres méchants de grec et de latin..
Mais voici qu’aujourd’hui tu prends un autre livre,

Le livre le plus pur et le plus gracieux,

Le livre de l’amour, dont rien ne désenivre

Et qu’on lit sur la terre en se croyant aux cieux !
Avec la femme jeune et fidèle qui t’aime,

Sous le double flambeau de ses yeux éclatants,

Tu vas le déchiffrer cet éternel poème

Que l’amour met aux mains des époux de vingt ans.
Ce poème est touchant : parfois il désenchante

Ceux qui n’ont pas au cœur le culte du foyer ;

Mais toi, je te sais bon, et je la sais charmante,

La grâce et la bonté font bien de s’allier.
Le fond c’est la bonté, la forme c’est la grâce,

Une œuvre faite ainsi plaît jusqu’au dénoûment ;

Étant à l’épilogue on reprend la préface,

Et le plaisir est neuf comme au premier moment !
Tu l’aimeras ce livre où l’honneur se propage,

Car ce sera la bonne et vieille édition,

Et des enfants joyeux tourneront chaque page

Mêlant leur frais sourire à ton émotion !
Lisez-le donc longtemps tous deux… prés du vieux père

Qui vous voyant heureux oublîra son ennui ;

Et pour faire renaître à son foyer prospère

La gaîté d’autrefois… lisez-le comme lui !…

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