Camille, quand la Nuit t’endort…

Camille, quand la Nuit t’endort sous ses grands voiles ;

Quand un rêve céleste emplit tes yeux d’étoiles ;

Quand tes regards, lassés des fatigues du jour,

Se reposent partout sur des routes fleuries

Dans le pays charmant des molles rêveries,

Camille, que vois-tu dans tes songes d’amour ?
Nous vois-tu, revenant par les noires allées,

Tous deux, donner des pleurs aux choses envolées

Que l’oubli dédaigneux couvre de flots dormants,

Ou dans le vieux manoir, au fond des parcs superbes,

Pousser de l’éperon parmi les hautes herbes

Les pas précipités de nos chevaux fumants ?
Dans les moires de l’eau dont l’azur étincelle,

Nous vois-tu laissant fuir une frêle nacelle

Sur le grand lac paisible et frémissant d’accords,

Où devant les grands bois et les coteaux de vignes,

Glisse amoureusement la blancheur des beaux cygnes,

Aux accents mariés des harpes et des cors ?
Moi, je vois rayonner tes yeux dans la nuit sombre,

Et je songe à ce jour où je sentis dans l’ombre,

Pour la première fois, de ton col renversé

Tombant à larges flots avec leur splendeur fière,

Tes cheveux d’or emplir mes deux mains de lumière,

Et ta lèvre de feu baiser mon front glacé.
Août 1844.

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Camille, quand la Nuit t’endort…
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