Sonnet de la belle cordière

Las ! cettui jour, pourquoi l’ai-je dû voir,

Puisque ses yeux allaient ardre mon âme ?

Doncques, Amour, faut-il que par ta flamme

Soit transmué notre heur en désespoir !
Si on savait d’aventure prévoir

Ce que vient lors, plaints, poinctures et blâmes ;

Si fraîche fleur évanouir son bâme

Et que tel jour fait éclore tel soir ;
Si on savait la fatale puissance,

Que vite aurais échappé sa présence !

Sans tarder plus, que vite l’aurais fui !
Las, Las ! que dis-je ? O si pouvait renaître

Ce jour tant doux où je le vis paraître,

Oisel léger, comme j’irais à lui !

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Sonnet de la belle cordière
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