La Belle au Bois dormait…

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La Belle au Bois dormait. Cendrillon sommeillait.

Madame Barbe-bleue ? elle attendait ses frères ;

Et le petit Poucet, loin de l’ogre si laid,

Se reposait sur l’herbe en chantant des prières.
L’Oiseau couleur-du-temps planait dans l’air léger

Qui caresse la feuille au sommet des bocages

Très nombreux, tout petits, et rêvant d’ombrager

Semaille, fenaison, et les autres ouvrages.
Les fleurs des champs, les fleurs innombrables des champs,

Plus belles qu’un jardin où l’Homme a mis ses tailles,

Ses coupes et son goût à lui, – les fleurs des gens ! -

Flottaient comme un tissu très fin dans l’or des pailles,
Et, fleurant simple, ôtaient au vent sa crudité,

Au vent fort, mais alors atténué, de l’heure

Où l’après-midi va mourir. Et la bonté

Du paysage au coeur disait : Meurs ou demeure !
Les blés encore verts, les seigles déjà blonds

Accueillaient l’hirondelle en leur flot pacifique.

Un tas de voix d’oiseaux criait vers les sillons

Si doucement qu’il ne faut pas d’autre musique…
Peau d’Ane rentre. On bat la retraite – écoutez ! -

Dans les Etats voisins de Riquet-à-la-Houppe,

Et nous joignons l’auberge, enchantés, esquintés,

Le bon coin où se coupe et se trempe la soupe !

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