Un cygne mort…

Un cygne mort ne se remarque

Parmi l’écume au bord du lac.
Léda te voilà bien vengée,

Pense qu’un cygne au tien pareil

D’une aïeule charmant l’oreille

Au premier chant fut égorgé.
Son duvet emplit l’édredon

Sous lequel Léda délaissée

Informe de son abandon

Le passant qui déjà le sait.
Passez, couleurs, puisque tout passe

À la fin il reste du blanc.

Les anges en peignoir de bain

Sur le sable n’ont laissé trace
De leur passage. Et les dérange

Du chien la nuit quelque aboiement,

Le simple coup de pied d’un ange

Enseigne au chien comme l’on ment.
Et toi, mon cygne, ma tristesse,

Qu’en attendant Noël j’engraisse,

Les larmes dont ton cœur est plein

Empêchent le sang de tacher

Le sable sur lequel Léda

Pour un cygne se suicida.

Son linge, ses larmes séchés,

L’ange s’élance du tremplin.

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