Souvenirs d’avril

Le rhythme argentin de ta voix

Dans mes rêves gazouille et tinte.

Chant d’oiseau, bruit de source au bois,

Qui réveillent ma joie éteinte.
Mais les bois n’ont pas de frissons,

Ni les harpes éoliennes.

Qui soient si doux que tes chansons,

Que tes chansons tyroliennes.
Parfois le vent m’apporte encor

L’odeur de ta blonde crinière.

Et je revois tout le décor

D’une folle nuit, printanière ;
D’une des nuits, où tes baisers

S’entremêlaient d’historiettes,

Pendant que de tes doigts rosés

Tu te roulais des cigarettes ;
Où ton babil, tes mouvements

Prenaient l’étrange caractère

D’inquiétants miaulements,

De mordillements de panthère.
*
Puis tu livrais tes trésors blancs

Avec des poses languissantes…

Le frisson emperlait tes flancs

Émus des voluptés récentes.
*
Ainsi ton image me suit,

Réconfort aux heures glacées,

Sereine étoile de la nuit

Où dorment mes splendeurs passées.
Ainsi, dans les pays fictifs

Où mon âme erre vagabonde,

Les fonds noirs de cyprès et d’ifs,

S’égayent de ta beauté blonde.
*
Et, dans l’écrin du souvenir

Précieusement enfermée,

Perle que rien ne peut ternir,

Tu demeures la plus aimée.

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