Sonnets de la Mort – 03 – Ha ! que j’en voy bien peu songer à ceste mort

Ha ! que j’en voy bien peu songer à ceste mort

Et si chacun la cerche aux dangers de la guerre !

Tantost dessus la Mer, tantost dessus la Terre,

Mais las ! dans son oubli tout le monde s’endort.
De la Mer, on s’attend à ressurgir au Port,

Sur la Terre, aux effrois dont l’ennemy s’atterre :

Bref, chacun pense à vivre, et ce vaisseau de verre

S’estime estre un rocher bien solide et bien fort.
Je voy ces vermisseaux bastir dedans leurs plaines

Les monts de leurs desseins, dont les cimes humaines

Semblent presque esgaler leurs cœurs ambitieux.
Geants, où poussez-vous ces beaux amas de poudre ?

Vous les ammoncelez ? Vous les verrez dissoudre :

Ils montent de la Terre ? Ils tomberont des Cieux.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.