Sonnet féminin

Ta voix a la langueur des lyres lesbiennes,

L’anxiété des chants et des odes saphiques,

Et tu sais le secret d’accablantes musiques

Où pleure le soupir d’unions anciennes.
Les Aèdes fervents et le Musiciennes

T’enseignèrent l’ampleur des strophes érotiques

Et la gravité des lapidaires distiques.

Jadis tu contemplas les nudités païennes.
Tu sembles écouter l’écho des harmonies

Mortes ; bleus de ce bleu des clartés infinies,

Tes yeux ont le reflet du ciel de Mytilène.
Les fleurs ont parfumé tes étranges mains creuses ;

De ton corps monte, ainsi qu’une légère haleine,

La blanche volupté des vierges amoureuses.

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