Rappelez-vous

Rappelez-vous ces jours heureux,

Où mon cœur crédule et sincère

Vous présenta ses premiers vœux.

Combien alors vous m’étiez chère !

Quels transports ! quel égarement !

Jamais on ne parut si belle

Aux yeux enchantés d’un amant ;

Jamais un objet infidèle

Ne fut aimé plus tendrement.

Le temps sut vous rendre volage ;

Le temps a su m’en consoler.

Pour jamais j’ai vu s’envoler

Cet amour qui fut votre ouvrage :

Cessez donc de le rappeler.

De mon silence en vain surprise,

Vous semblez revenir à moi ;

Vous réclamez en vain la foi

Qu’à la vôtre j’avais promise :

Grâce à votre légèreté,

J’ai perdu la crédulité

Qui pouvait seule vous la rendre.

L’on n’est bien trompé qu’une fois.

De l’illusion, je le vois,

Le bandeau ne peut se reprendre.

Échappé d’un piète menteur,

L’habitant ailé du bocage

Reconnaît et fuit l’esclavage

Que lui présente l’oiseleur.

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