Dimanches (J’aime, j’aime de tout mon siècle)

J’aime, j’aime de tout mon siècle! cette hostie

Féminine en si vierge et destructible chair

Qu’on voit, au point du jour, altiérement sertie

Dans de cendreuses toilettes déjà d’hiver,

Se fuir le long des cris surhumains de la mer!
(Des yeux dégustateurs âpres à la curéé;

Une bouche à jamais cloîtrée!)
(- Voici qu’elle m’honore de ses confidences;

. J’en souffre plus qu’elle ne pense!)
– Chère perdue, comment votre esprit éclairé

Et ce stylet d’acier de vos regards bleuâtres

N’ont-ils pas su percer à jour la mise en frais

De cet économique et passager bellâtre ?….

– Il vint le premier; j’étais seule devant l’âtre….
Hier l’orchestre attaqua

Sa dernière polka.

Oh! l’automne, l’automne!

Les casinos

Qu’on abandonne

Remisent leurs pianos!….
Phrases, verroteries,

Caillots de souvenirs.

Oh! comme elle est maigrie!

Que vais-je devenir….
Adieu! les files d’ifs dans les grisailles,

Ont l’air de pleureuses de funérailles

Sous l’autan noir qui veut que tout s’en aille.
Assez, assez,

C’est toi qui as commencé.
Va, ce n’est plus l’odeur de tes fourrures.

Va, vos moindres clins d’yeux sont des parjures.

Tais-toi, avec vous autres rien ne dure.
Tais-toi, tais-toi.

On n’aime qu’une fois.

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