Lors que lasse est de me lasser ma peine

Lors que lasse est de me lasser ma peine,

Amour, d’un bien mon mal refreschissant,

Flate au coeur mort ma playe languissant,

Nourrit mon mal, et luy faict prendre alaine.
Lors je conçoy quelque esperance vaine ;

Mais aussi tost ce dur tyran, s’il sent

Que mon espoir se renforce en croissant,

Pour l’estoufer, cent tourmans il m’ameine.
Encor tout frez : lors je me veois blasmant

D’avoir esté rebelle, à mon tourmant.

Vive le mal, ô Dieux, qui me dévore !
Vive à son gré mon tourmant rigoureux !

Ô bien heureux, et bien heureux encore,

Qui sans relasche est tousjours mal’heureux !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.