Complainte d’un autre dimanche

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C’était un très-au vent d’octobre paysage,

Que découpe, aujourd’hui dimanche, la fenêtre,

Avec sa jalousie en travers, hors d’usage,

Où sèche, depuis quand ! Une paire de guêtres

Tachant de deux mals blancs ce glabre paysage.
Un couchant mal bâti suppurant du livide ;

Le coin d’une buanderie aux tuiles sales ;

En plein, le Val-de-grâce, comme un qui préside ;

Cinq arbres en proie à de mesquines rafales

Qui marbrent ce ciel crû de bandages livides.
Puis les squelettes de glycines aux ficelles,

En proie à des rafales encor plus mesquines !

O lendemains de noce ! ô brides de dentelles !

Montrent-elles assez la corde, ces glycines

Recroquevillant leur agonie aux ficelles !
Ah ! Qu’est-ce que je fais, ici, dans cette chambre !

Des vers. Et puis, après ! ô sordide limace !

Quoi ! La vie est unique, et toi, sous ce scaphandre,

Tu te racontes sans fin, et tu te ressasses !

Seras-tu donc toujours un qui garde la chambre ?
Ce fut un bien au vent d’octobre paysage…

Jules LAFORGUE

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