Si je trépasse entre tes bras, Madame

Si je trépasse entre tes bras, Madame,

Il me suffit, car je ne veux avoir

Plus grand honneur, sinon que de me voir

En te baisant, dans ton sein rendre l’âme.
Celui que Mars horriblement enflamme

Aille à la guerre, et manque de pouvoir,

Et jeune d’ans, s’ébatte à recevoir

En sa poitrine une Espagnole lame ;
Mais moi, plus froid, je ne requiers, sinon

Après cent ans, sans gloire, et sans renom,

Mourir oisif en ton giron, Cassandre.
Car je me trompe, ou c’est plus de bonheur,

Mourir ainsi, que d’avoir tout l’honneur,

Pour vivre peu, d’un guerrier Alexandre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.