Reproche moy maintenant, je le veux

Reproche moy maintenant, je le veux,

Si oncq de toy j’ay eu faveur aucune,

Traistre, legere, inconstance fortune.

Reproche moi hardiment, si tu peux.
Depuis le jour qu’en mal’heure mes yeux

Voyent du ciel la lumiere importune,

Je suis le but, la descharge commune

De tous les coups de ton bras furieux.
Bien tost j’auray, desjà l’heure s’avance,

J’auray de toy par mort quelque vengence,

Lors que de moy l’ame sera partie.
A toy vrayement le camp demeurera ;

Mais, j’en suis seur, ma mort te faschera,

De te laisser cruelle sans partie.

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