Complainte variations sur le mot «falot-falotte»

Falot, falotte!

Sous l’aigre averse qui clapote.

Un chien aboie aux feux-follets,

Et puis se noie, taïaut, taïaut !

La lune, voyant ces ballets,

Rit à Pierrot !

Falot ! Falot !
Falot, falotte !

Un train perdu, dans la nuit, stoppe,

Par les avalanches bloqué ;

Il siffle au loin ! Et les petiots

Croient ouïr les méchants hoquets

D’un grand crapaud !

Falot, falot !
Falot, falotte !

La danse du bateau-pilote,

Sous l’oeil d’or du phare, en péril

Et sur les steamers, les galops

Des vents filtrant leurs longs exils

Par les hublots !

Falot, falot !
Falot, falotte !

La petite vieille qui trotte,

Par les bois aux temps pluvieux,

Cassée en deux sous le fagot

Qui réchauffera de son mieux

Son vieux tricot !

Falot, falot !
Falot, falotte !

Sous sa lanterne qui tremblote,

Le fermier dans son potager

S’en vient cueillir des escargots,

Et c’est une étoile au berger

Rêvant là-haut !

Falot, falot !
Falot, falotte !

Le lumignon au vent toussotte,

Dans son cornet de gras papier ;

Mais le passant en son pal’tot,

Ô mandarines des janviers,

File au galop !

Falot, falot !
Falot, falotte !

Un chiffonnier va sous sa hotte ;

Un réverbère près d’ un mur

Où se cogne un vague soulaud,

Qui l’embrasse comme un pur,

Avec des mots !

Falot, falot !
Falot, falotte !

Et c’est ma belle âme en ribotte,

Qui se sirote et se fait mal,

Et fait avec ses grands sanglots,

Sur les beaux lacs de l’idéal

Des ronds dans l’eau !

Falot, falot !

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