Sitôt que nos bouches se touchent

Sitôt que nos bouches se touchent,

Nous nous sentons tant plus clairs de nous-mêmes

Que l’on dirait des Dieux qui s’aiment

Et qui s’unissent en nous-mêmes ;
Nous nous sentons le coeur si divinement frais

Et si renouvelé par leur lumière

Première

Que l’univers, sous leur clarté, nous apparaît.
La joie est à nos yeux le seul ferment du monde

Qui se mûrit et se féconde,

Innombrable, sur nos routes d’en bas ;

Comme là-haut, par tas,

Parmi des lacs de soie où voyagent des voiles

Naissent les fleurs myriadaires des étoiles.
L’ordre nous éblouit, comme les feux la cendre,

Tout nous éclaire et nous paraît flambeau

Nos simples mots ont un sens si beau

Que nous les répétons pour les sans cesse entendre.
Nous sommes les victorieux sublimes

Qui conquérons l’éternité

Sans nul orgueil, et sans songer au temps minime,

Et notre amour nous semble avoir toujours été.

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