Que ton âme soit blanche ou noire

Que ton âme soit blanche ou noire,

Que fait ? Ta peau de jeune ivoire

Est rose et blanche et jaune un peu.

Elle sent bon, ta chair, perverse

Ou non, que fait ? puisqu’elle berce

La mienne de chair, nom de Dieu !
Elle la berce, ma chair folle,

Ta folle de chair, ma parole

La plus sacrée ! – et que donc bien !

Et la mienne, grâce à la tienne,

Quelque réserve qui la tienne,

Elle s’en donne, nom d’un chien !
Quant à nos âmes, dis, Madame,

Tu sais, mon âme et puis ton âme,

Nous en moquons-nous ? Que non pas !

Seulement nous sommes au monde.

Ici-bas, sur la terre ronde,

Et non au ciel, mais ici-bas.
Or, ici-bas, faut qu’on profite

Du plaisir qui passe si vite

Et du bonheur de se pâmer.

Aimons, ma petite méchante,

Telle l’eau va, tel l’oiseau chante,

Et tels, nous ne devons qu’aimer.

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