Numphe émue

De ta tête, ôte ce panier

Naguère débordant de fraises,

C’est en prendre trop à son aise,

Tant bien que mal, nymphe, élevée.
Car sur les cendres de tes fraises

Les bravos ont fait relever

La tulle du lit où repose

La source d’hier, qui se tut.
Nymphe, m’apprivoisent tes cuisses,

Tes jambes à mon cou, statue,

Je courrais comme ondes bondissent,

Et arrivant en bas se tuent.
(Obligé qui voudrait y boire

Biche, de se mettre à genoux.)
Nymphe pensionnaire des bois

Me conviant à ce goûter,

Pour que commodément je puisse

Tes sauvages fraises brouter,

Demande aux ronces de ces bois

De lever ton tablier noir :
Ardeur de cheminée, à nous

Forestière tu te révèles,

Ton feu je l’allume à genoux

Comme aux sources lorsqu’on y boit.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.