Les oiseaux de proie

Je m’étais assis sur la cime antique

Et la vierge neige, en face des Dieux ;

Je voyais monter dans l’air pacifique

La procession des Morts glorieux.

La Terre exhalait le divin cantique

Que n’écoute plus le siècle oublieux,

Et la chaîne d’or du Zeus homérique

D’anneaux en anneaux l’unissait aux cieux.

Mais, ô Passions, noirs oiseaux de proie,

Vous avez troublé mon rêve et ma joie :

Je tombe du ciel, et n’en puis mourir !

Vos ongles sanglants ont dans mes chairs vives

Enfoncé l’angoisse avec le désir,

Et vous m’avez dit : – Il faut que tu vives. –

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