Les femmes sont sur la terre

Les femmes sont sur la terre

Pour tout idéaliser;

L’univers est un mystère

Que commente leur baiser.
C’est l’amour qui, pour ceinture,

A l’onde et le firmament,

Et dont toute la nature,

N’est, au fond, que l’ornement.
Tout ce qui brille, offre à l’âme

Son parfum ou sa couleur;

Si Dieu n’avait fait la femme,

Il n’aurait pas fait la fleur.
A quoi bon vos étincelles,

Bleus saphirs, sans les yeux doux?

Les diamants, sans les belles,

Ne sont plus que des cailloux;
Et, dans les charmilles vertes,

Les roses dorment debout,

Et sont des bouches ouvertes

Pour ne rien dire du tout.
Tout objet qui charme ou rêve

Tient des femmes sa clarté;

La perle blanche, sans Ève,

Sans toi, ma fière beauté,
Ressemblant, tout enlaidie,

A mon amour qui te fuit,

N’est plus que la maladie

D’une bête dans la nuit.
Paris, avril 18…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.