Les colombes

Ni tout noirs, ni tout verts, couleur

D’espérances jamais en fleur,

Les ifs balancent des colombes,

Et cela réjouit les tombes.
Elles éclatent, dans les ifs,

Ainsi que des fruits excessifs,

Effeuillant leurs plumes perdues

Au vent des vieilles avenues.
Dans l’azur qui va s’éclairant,

En haut de l’arbre le plus grand,

Qui monte, tel qu’une fusée,

Une entre autres est balancée.
Sous ses beaux yeux délicieux

Elle semble, d’un coin des cieux,

Couver l’aurore qui s’est faite

Au fond du cimetière en fête.
Et chaque arbre, panache noir

Du plus minable désespoir,

Sous les blanches plumes en foule

Est un colombier qui roucoule.
Ces oiseaux, dont les voix sont soeurs,

Ces adorables obsesseurs,

Ce sont évidemment les âmes

Des demoiselles et des dames
Dont la tombe douce reluit

Et dont la lune, chaque nuit,

Epelle, à ses lueurs glacées,

Les épitaphes insensées !

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