Les Belges et la Lune

On n’a jamais connu de race si baroque

Que ces Belges. Devant le joli, le charmant,

Ils roulent de gros yeux et grognent sourdement.

Tout ce qui réjouit nos cœurs mortels les choque.
Dites un mot plaisant, et leur œil devient gris

Et terne comme l’œil d’un poisson qu’on fait frire ;

Une histoire touchante ; ils éclatent de rire,

Pour faire voir qu’ils ont parfaitement compris.
Comme l’esprit, ils ont en horreur les lumières ;

Parfois sous la clarté calme du firmament,

J’en ai vu, qui rongés d’un bizarre tourment,
Dans l’horreur de la fange et du vomissement,

Et gorgés jusqu’aux dents de genièvre et de bières,

Aboyaient à la Lune, assis sur leurs derrières.

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