Laisse les nuages…

Laisse les nuages blancs passer au soleil.

Il n’y a ici que toi, la terre et le ciel.

Ne pense à presque rien. Douces comme du miel,
auprès des cressons bleus les brebis viendront boire.

La fille chantera dans la métairie noire,

et sur la terre tiède il tombera des poires.
La vieille tremblera sur le rouet tremblant,

le bélier bêlera dans le troupeau bêlant

— et la fille aimera l’amour de son amant.
Les ânes passeront en frissonnant de mouches.

La mère chantera sur l’enfant qu’elle couche,

et je t’embrasserai, la bouche sur la bouche.
Puis le ciel sera bleu, puis le ciel sera gris.

Les oiseaux chanteront et pousseront des cris

et auprès du vieux puits il poussera des buis.
Écoute, mon amie : il y a sous la grange

un nid d’hirondelles petites et criardes

et qui ont la douceur de la vie calme et sage.
Les grands chars sont passés. Sur leurs cornes luisantes

les bœufs avaient les longues fougères ombrageantes

des bois glacés d’Été qui ont des sources lentes.
On a coupé les blés qui dormaient au soleil ;

puis la pluie est venue, elle est venue du ciel :

elle a noyé le blé et a mangé le miel.
On a coupé mon cœur qui dormait au soleil…

Une fille est venue, elle est venue du Ciel :

elle a noyé mon cœur et a mangé le miel :
mais la douleur est douce et ton amour est doux.

Tu m’as donné ton cœur, ta tête et tes genoux :

nous ne faisons plus qu’un et ton cœur est à nous.

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