La Vierge de cire

Sous la calme splendeur de son front ingénu

Quelle pensée habile ou quel rêve sommeille ?

On croirait voir encor sur sa bouche vermeille

Un mystique sourire imprégné d’inconnu.
Le col harmonieux se dresse, pur et nu,

Sous la nuque arrondie aux gerbes d’or pareille.

Un cantique lointain charme-t-il son oreille ?

Jamais son cœur glacé ne s’est-il souvenu ?
Sous le charme allangui de sa pâleur de cierge,

Ce n’est pas une sœur de la robuste vierge

Qu’enferma Sanzio dans un rêve immortel.
Je la croirais plutôt fille de la Joconde

Dont Léonard laissa cette image profonde

Que semble envelopper l’encens sur un autel.

Lille, 28 novembre 1881.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.