Je mettrai…

Je mettrai des jacinthes blanches

à ma fenêtre, dans l’eau claire

qui paraîtra bleue dans le verre.
Je mettrai sur ta gorge blanche

et luisante comme un caillou

du ruisseau, des boules de houx.
Je mettrai sur la pauvre tête

du malheureux chien tout rogneux

qui a des taches dans les yeux
la plus douce de mes caresses,

pour qu’il s’en aille grelottant

un tout petit peu plus content.
Je mettrai ma main dans la tienne,

et tu me conduiras dans l’ombre

où tournent les feuilles d’automne,
jusqu’au sable de la fontaine

que la pluie si douce a troué,

où se détrempe le vieux pré.
. . . . . . . . . la pluie fine

ma pensée douce comme la bruine.
Je mettrai sur l’agneau qui bêle

une branche de lierre amer

qui est noir parce qu’il est vert.

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