Complainte du soir des comices agricoles

Deux royaux cors de chasse ont encore un duo

Aux échos,

Quelques fusées reniflent s’étouffer là-haut !
Allez, allez, gens de la noce,

Qu’on s’ en donne une fière bosse !
Et comme le jour naît, que bientôt il faudra,

A deux bras,

Peiner, se recrotter dans les labours ingrats,
Allez, allez, gens que vous êtes,

C’est pas tous les jours jour de fête !
Ce violon incompris pleure au pays natal,

Loin du bal,

Et le piston risque un appel vers l’idéal…
Mais le flageolet les rappelle

Et allez donc, mâl’s et femelles !
Un couple erre parmi les rêves des grillons,

Aux sillons ;

La fille écoute en tourmentant son médaillon.
Laissez, laissez, ô cors de chasse,

Puisque c’est le sort de la race.
Les beaux cors se sont morts; mais cependant qu’au loin,

Dans les foins,

Crèvent deux rêves niais, sans maire et sans adjoint.
Pintez, dansez, gens de la terre,

tout est un triste et vieux mystère.
-Ah ! Le premier que prit ce besoin insensé

De danser

Sur ce monde enfantin dans l’inconnu lancé !
Ô terre, ô terre, ô race humaine,

Vous me faites bien de la peine.

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