C’est lâche!…

C’est lâche! J’aurais dû me fâcher, j’aurais dû

Lui dire ce que c’est qu’un bonheur attendu

Si longtemps et qui manque, et qu’une nuit pareille

Qu’on passe, l’œil fixé sur l’horloge et l’oreille

Tendue au moindre bruit vague de l’escalier.

C’est lâche ! J’aurais dû me faire supplier,

Avoir à pardonner la faute qu’on avoue

Et boire en un baiser ses larmes sur sa joue.

Mais elle avait un air si tranquille et si doux

Qu’en la voyant je suis tombé sur les genoux ;

Et, me cachant le front dans les plis de sa jupe,

J’ai savouré longtemps la douceur d’être dupe.

Je n’ai pas exigé de larmes ni d’aveux,

Car ses petites mains jouaient dans mes cheveux ;

Tandis que ses deux bras m’enlaçaient de leur chaîne,

D’avance j’absolvais la trahison prochaine,

Et, vil esclave heureux de reprendre ses fers,

J’ai demandé pardon des maux que j’ai soufferts.

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