A Catulle Mendès

Très souvent, las des Philistins

Et les yeux brouillés, cher Catulle,

Par les cheveux de Philis teints,

Je voudrais aller jusqu’à Tulle.
Car, ami Catulle Mendès,

Peut-être qu’on est encore aise

D’oublier notre noir Hadès,

Bien loin d’ici, dans la Corrèze,
Et de ne plus voir sur des seins

Blanchir des poudres de riz mates,

Et de suivre en leurs fiers dessins,

Tous les beaux vers que vous rimâtes.
Si je fuyais nos singes laids,

Et le macadam où va Lise,

Il est bien certain que je les

Emporterais dans ma valise.
Même je voudrais en crier,

De vos chansons que l’écho cite,

Quand penché sur mon encrier,

Je puise dans ce noir Cocyte.
19 mai 1888.

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