Pénombre

Share on facebook
Share on twitter
Share on whatsapp

Les campagnes s'éloignent des villes. La craie pourrit dans les carrières expliquant la disparition des châteaux.
Au Relais des Chasseurs, les hommes n'ont plus que des fraternités douloureuses ; le vin y a un goût de rafle qui leur donne à méditer sur la pitié des choses. Des

couples de gibiers sont peints au-dessus du comptoir dans des attitudes d'anciennes seigneuries.
La fille du patron voudrait se garder pure pour plus tard. Pour la connaître chacun lui demande de montrer l'intelligence qu'elle a du Ciel. Quand l'air gronde, elle court ramasser le

linge qui sèche au fond de la cour. À son passage un vantail claque sur le mur écrasant l'insecte le plus royal et son thorax dont la symétrie inspire la

mélancolie.
Les orges sont immobiles sous le poids du temps. Le blé travaille dans les silos remplis de gaz. Il suffit maintenant qu'on allume au cœur des maisons pour que dehors le monde

paraisse retourner au carbonifère.

Dominique Pagnier

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.