Slawa

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Souvent Slawa se couche de bonne heure et, quand le sommeil vient désarmer ses paupières, la nuit lui rend sa santé d'apatride.
Mais qu'elle s'endorme en octobre, un caillot de jour reste entre les arbres où le vent secoue les oripeaux de Pan pour amuser les enfants.
Par la rue, des pas résonnent qui sont d'une femme solitaire. Elle s'arrête parfois écoutant aux fenêtres des couples finir.
Dans l'éclairage des cuisines, c'est la vieille couleur sanguine de Cythère où, toute métaphore d'amour usée, on découvre la corruption des corps.
Derrière la maison lève la nuit boréale. Très loin à l'est, chantent les grues des grands chantiers de la Baltique qui se penchent sur le vide.

Dominique Pagnier

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