Que ton fruit de sang qui loge en mon sein…

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Que ton fruit de sang qui loge en mon sein

Soit pareil, amour, à ton être humain,

Que le petit nid ombreux qui se ferme

Pour envelopper et mûrir le germe

Sente remuer ta plus jeune enfance

Comme elle le fit dans l’avant-naissance

Au flanc maternel en un temps lointain.

Et que ce soit toi, dans mon doux jardin,

Ô mon bien-aimé, qui bouges, piétines ;

Que pour toi le lait pèse à ma poitrine,

Que je sente en moi la genèse humaine

De ton être mâle et que tu me tiennes

Au sein, lourd de chair, mon intime noeud.

Que dans mon secret s’éveillent tes yeux

Nébuleux d’abord et d’une eau troublée,

Puis fraîcheur d’un astre à l’aube étonnée.

Que ce soit ta bouche en fleur d’églantine

Qui bâille un parfum d’haleine enfantine,

Que ce soit, amour, tes petites mains

Qui pressent mon coeur d’un toucher câlin,

Comme les chatons de leurs frêles pattes

Pétrissent sans voir les tétins de chatte.

Que je sache ainsi comment ta pensée

Fut rêveusement dans l’oeuf caressée,

Comment se forma ton goût des baisers,

Ton génie humain encore effacé

Dressant faiblement sa jeune envolée ;

Que ta forme en moi réduite et bercée

Me révèle enfin quel rêve en ton coeur

S’attriste aujourd’hui et quel frais bonheur

De vivre agitait tes jambes légères

Lorsque tu bougeais au sein de ta mère.

Oh ! tenir en moi, fruit d’âme et de chair,

Notre enfant, ton sang, ton coeur et tes nerfs,

De ton abandon forme rajeunie,

Te sentir, amour, éclos de ma vie,

Te bercer, t’aimer, te garder vivant,

Couché tout à moi au creux de mon flanc !

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